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[ Histoire
de la véranda ]
[ Serrurerie ] [ Ferronnerie
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"La
forge a des parties pleines d'agrément, de délicatesse et de
majesté. Elle est susceptible de toutes les formes. Elle a quand elle
le veut, l'énergie de la peinture et de la sculpture, la hardiesse
de l'architecture et toujours la solidité. Tout ce qui sort de ses
mains devient monument...'
Jean Lamour, serrurier ferronnier du roi
Véranda : mot anglais de 1758, aux Indes galeries légère
en bois, adossée à la façade d'une maison. C'est ce que
nous apprend le Larousse.
A la fin du 18ème siècle les hommes de sciences ont succédé
aux conquistadores. Ils rapportèrent par milliers des fleurs, des plantes,
des arbustes, des arbres même qu'il fallut bien mettre à l'abri
pour mieux les étudier.
Ainsi naquirent les serres et les premiers jardins d'hiver.
Si le 18ème était le siècle des lumières, le 19ème
sera celui de la conquète de la lumière.
Les premières serres horticoles en ossature de fer et de verre seront
construites à Paris et dues à l'architecte Rohault de
Fleury en 1834.
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Premier Jardin d'Hiver aux Champs Elysée
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Le 26 Janvier 1846 les Champs Elysées inaugurèrent leur premier jardin d'hiver. Il se situait à la hauteur de l'actuelle
rue Marbeuf. "On a mis l'été sous verre", tel fut
le cri unanime des premiers visiteurs. A la suite de la faillite de la société
exploitante, il fut démolis vers 1855. Cependant, les serres horticoles
se développèrent dans toute l'Europe.
Les serres royales de Laeken, résidence des rois de Belgique dès
1865, sont sûrement les plus célèbres, et leur splendeur
est toujours actuelle, fleuron de l'Art de la ferronnerie.
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Les serres royales de Laeken
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L'engouement pour ces espaces de vie différents fut tel que rapidement
les particuliers voulurent leur jardin d'hiver. Ainsi naquirent, posées
sur les toits des immeubles ou plus couramment adossées aux maisons,
les vérandas.
Le
développement de l'industrie du 19ème siècle a donné
leur essor au fer et au verre.
Ce sont aujourd'hui des matériaux banaux, mais à l'époque
l'un et l'autre étaient réservés aux objets de luxe.
Le verre conquiert la lumière. Les maisons du 19ème étaient
sombres, l'hiver la seule lumière était celle des chandelles.
Il est ainsi plus facile de comprendre l'émerveillement des foules qui
pénétraient dans les jardins d'hiver. Tout y était :
la lumière, la chaleur, la beauté.
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Jardin d'hiver bourgeois en 1901
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Les premiers jardins d'hiver furent privés et le plus souvent accolés
à la maison d'habitation. C'était un
lieu de réception. Un prolongement du salon en quelque sorte,
où l'on conversait, lisait, où l'on admirait les plantes. L'hiver,
la pâleur du soleil à travers les vitres ne donnait qu'une tiède
température, la nuit venue, il fallait chauffer les lieux. Pour les
artistes et les écrivains de cette fin de siècle, pour les personnages
en vue, créant les modes dans l'Europe du nord, il était de
bon ton de se faire construire une véranda.
"
La véranda doit donner du mouvement à l'architecture en place"
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SERRER,
en latin serare devenu serrare au moyen-âge, illustre la fonction de
fermer ou d'enfermer dans des coffrets des objets confidentiels. Au-delà
de la serrure, a été octroyée au forgeron, la réalisation
de tous les ouvrages en fer forgé. Ainsi est né le vocable "serrurier"
pour désigner le ferronnier d'art.
L'art
du fer prend naissance aux alentours de 1500 av JC. Les Hittites furent les
premiers à découvrir les procédés de réduction
du minerai de fer, dans le Caucase.
L'Egypte
développa cette industrie, et les celtes introduisirent le fer en Gaule
dès le 5ème siècle avant notre ère.
La
production jusqu'au Moyen-Age était essentiellement militaire.
Elle devint avec l'époque gothique, ornement d'édifices religieux.
Le statut corporatif des artisans du fer date de la deuxième moitié
du 13ème siècle.
En
1776 toutes les commuautés de métiers sont supprimées
au nom des principes de libre concurrence de Turgot.
Pourtant
Louis XVI les rétablira et c'est la révolution de 1789 qui leur
donnera le coup de grâce. Au 19ème siècle renaitra cependant
une véritable organisation professionnelle, à travers le compagnonnage.
Au
18ème siècle la serrurerie est à son apogée. Elle
sert surtout à l'ornement des édifices et du mobilier.
Avec
le 19ème siècle et la révolution industrielle, les hauts
fourneaux mettent sur le marché des quantités de plus en plus
importantes de fer. La production est passée de 15 tonnes/jour en 1806
à 2000 tonnes/jour en 1850.
C'est
à partir de cette époque que commencèrent les grandes
constructions en charpentes métalliques.
Mais
en s'ouvrant sous le signe de la fonte, lourde et empâtée, le
19ème fera oublier les chefs-d'oeuvre du 18ème. Il faudra attendre
la dernière moitié du siècle pour voir une attention
nouvelle portée au décor par des artistes serruriers.
La
renaissance s'amorce avec le fameux "Crystal Palace", hall de l'exposition
Universelle de Londres de 1851. L'épanouissement du renouveau de la
ferronnerie se réalisera à la fin du 19ème et au début
du 20ème siècle. Les vieilles stations de Métro ne sont
elles pas là pour nous le rappeler ?
L'exposition
universelle de 1900 rivalisera d'audace et d'ingéniosité‚ dans
la réalisation de monuments métalliques prolongeant ainsi la
voie tracée par le génial Eiffel.
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Modèle
ayant figuré à l'exposition de 1900. S'établit
avec glaces mobiles pour former salon d'été, salle de
billard. (Catalogue Guillot-Pelletier Fils&Cie-1904)
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Sidérurgie
vient du latin SIDUS, qui signifie astre. En effet, la première fois
que l'homme vit du fer, ce fut sous la forme de météorite. D'où
son caractère magique. L'art de travailler le fer se perfectionne avec
les âges. De façon artisanale dans l'antiquité, la découverte
de la fonte vers 1350 conduit vers une progression constante. Les hauts fourneaux
du 19ème siècle amènent l'art du fer à son paroxysme.
Cependant, depuis la seconde guerre mondiale, on assiste au déclin
de la ferronnerie, technique et art qui nous valurent tant de siècles
de merveilles d'ingéniosité et de créativité.
Fermeture des centres de formation, attirance vers des métiers moins
durs sont les manifestations de cet abandon.
Pourtant
des hommes de qualité ont repris le flambeau. Ils veulent travailler
le métal comme leurs ancêtres, et le font par ces ouvrages retrouvés
que sont les vérandas en acier. Garants d'une tradition, il veulent
nous faire partager l'amour du beau qu'ils perpétuent.
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